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Réinsertion socioprofessionnelle des malades mentaux : Le photographe Louis OKE-AGBO apporte sa contribution

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Il est reconnu pour son amour et sa passion pour la photographie. Mais au delà de ce talent Louis OKE-AGBO a eu également l’idée de créer un centre au profit des personnes handicapées mentales afin de participer à leur réinsertion socioprofessionnelle. Une équipe de reportage de votre web  journal  est allée au contact de l’initiateur afin de mieux découvrir ce projet innovant. C’est à travers cette interview que nous vous invitons à lire.

 

Louis OKE-AGBO Bonjour vous êtes un artiste photographe vous vous réclamez également le titre de thérapeute parce que vous mettez votre art au service de la santé des personnes handicapées mentales, nous sommes dans votre centre qui nous accueille ce jour. Pourriez-vous nous présenter mieux le  centre ?

Merci monsieur le journaliste, il s’agit là d’un centre d’art thérapie de l’ONG Vie et Solidarité qui travaille pour l’insertion des personnes handicapées psychiques. C’est un centre qui anime des ateliers d’expressions artistiques à savoir des ateliers d’arts photographiques , atelier d’art de peinture , la musique et on fait aussi le sport avec ces personnes .

On constate que votre centre  est composé majoritairement des personnes handicapées psychiques. Dites nous comment est partie l’idée de réunir cette couche sociale  et pourquoi avoir eu cette initiative ?

L’objectif  est d’abord  de créer une bonne relation entre ces malades et la société . On a constaté qu’une fois que ces personnes sont traitées dans les centres de psychiatrie  elles  sont abandonnées et livrées à leur famille. Il n’y a donc plus de suivie et nous nous sommes dit  que la réussite est très difficile quand il n’y a pas de suivie. Raison pour laquelle nous avons créé ce centre pour s’occuper de la réinsertion socioprofessionnelle de ces personnes à travers des ateliers d’art. En somme, nous faisons ici un travail appui psycho-social dans ce centre d’art thérapie .Nous avons commencé en 2014 d’abord par l’exposition des photos de ces handicapées mentaux dans les places publiques afin d’amener les populations à avoir un regard positif sur ces derniers, ce qui nous a conduit par la suite à la création de ce centre  il y huit mois, un centre situé à  Porto-Novo quartier Tokpota  où nous travaillons aussi avec l’appui des psychiatres.

 

Par quelle stratégie vous arrivez à  maitriser  ces personnes ? Ne craignez-vous pas une brutalité dont vous pouvez être victime de la part de ces derniers ?

C’est comme un paradoxe, car chaque fois que je passe c’est d’abord eux-mêmes qui me remarquent. C’est à croire que nous avons un lien et quand je les aborde, c’est plus facile pour nous de collaborer. Ces derniers se confient à moi et avec l’aide des habitants du quartier concerné je vais vers les parents de ces derniers pour signer un contrat non seulement avec eux mais aussi avec les autorités locales, et c’est comme ça que nous démarrons des ateliers d’expressions artistiques avec eux afin de participer à leur réinsertion socioprofessionnelle. Aujourd’hui nous travaillons avec 09 malades mentaux qui,  grâce à l’art et l’aide des psychiatres et psychologues se sont rétablis et peuvent faire valoir leur compétence dans le domaine de la photographie, la peinture la musique et le sport. Ceux que nous avons récupérés en 2014 ont déjà créé des œuvres que nous avons exposées il y a quelques jours à travers des journées portes ouvertes.

Quel sera votre mot de la fin pour clôturer cet entretien ?

Je suis d’abord très heureux parce que vous m’avez donné la chance de m’exprimer sur ce que je fais. Je demanderai à la population et les autorités d’accompagner cette initiative qui est rare au Bénin et  qui contribue également à la réduction du chômage dans notre pays.

Louis OKE-AGBO merci

C’est plutôt moi qui vous remercie

Propos recueillis par Ghislain Dossa Kakpo

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